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Un jeune prisonnier de guerre allemand de 18 ans arrive dans un camp américain avec un poumon perforé – L’examen médical choque tout le monde. NF

Un jeune prisonnier de guerre allemand de 18 ans arrive dans un camp américain avec un poumon perforé – L’examen médical choque tout le monde

Le médecin du camp de prisonniers de guerre américains du Missouri se tient dans la salle d’examen, un stéthoscope à la main, à l’écoute d’une respiration qui ne devrait pas exister. Le prisonnier devant lui est un Allemand de 18 ans, encore conscient malgré un poumon perforé qui laisse s’échapper de l’air dans sa cage thoracique depuis des jours.

Le médecin appuie le stéthoscope sur trois points différents de la cage thoracique du garçon. À chaque fois, il entend le même crépitement humide qui lui indique que le poumon se perfore. Mais ce n’est pas ce qui le choque. Ce qui le choque, c’est ce qu’il découvre en vérifiant le rythme cardiaque du garçon, son poids et les cicatrices qui lui barrent le dos.

Il ne s’agit pas simplement d’un poumon perforé. C’est un corps qui se brise depuis des mois. Nous sommes dans un camp de prisonniers de guerre américains, dans le Missouri, fin 1944. La guerre fait toujours rage en Europe. Mais ici, à des milliers de kilomètres du front, des prisonniers de guerre allemands arrivent par vagues successives. La plupart sont des soldats âgés, épuisés et soulagés d’être à l’abri des combats.

Mais le garçon qui descend du camion par un après-midi froid de novembre ne semble pas soulagé. Il a l’air de retenir son souffle. Son nom est enregistré comme étant Clouse, bien que l’agent d’accueil notera plus tard qu’il réagit à peine lorsqu’on l’appelle. Il a 18 ans, est maigre, pâle et peine à tenir debout sans s’appuyer contre le camion.

L’agent d’accueil suppose qu’il est fatigué. La vérité est bien pire. Le garçon est conduit à la tente médicale, une procédure standard pour tous les nouveaux arrivants. Chaque prisonnier de guerre doit être examiné pour détecter d’éventuelles maladies infectieuses, blessures et un bilan de santé général avant d’intégrer le reste du camp. Le médecin de garde ce jour-là est le capitaine Howard Sullivan, un médecin de 36 ans originaire de Pennsylvanie, qui travaille au camp depuis six mois.

Il a déjà vu des centaines de prisonniers de guerre allemands, et la plupart suivent un schéma prévisible : fatigués, sous-alimentés, parfois blessés, mais stables. Klaus, lui, ne correspond pas à ce profil. Dès que Sullivan lui demande d’enlever sa chemise, le garçon grimace et s’agrippe au bord de la table d’examen. Sullivan remarque sa respiration, courte et superficielle, comme si chaque inspiration était un risque calculé.

C’est le premier signe alarmant. Sullivan pose le stéthoscope sur la poitrine de Klaus et écoute. Le poumon gauche semble normal. Le poumon droit, lui, grince comme du papier mouillé qu’on déchire. Sullivan abaisse le stéthoscope et le bruit s’intensifie. Il demande à Klaus de prendre une grande inspiration ; le garçon essaie, mais à mi-chemin, son visage devient blanc et il s’arrête.

Sullivan demande quand l’accident s’est produit. Klouse ne répond pas. Il se demande s’il ne comprend pas l’anglais ou s’il est trop épuisé pour répondre. Sullivan passe alors à un allemand basique et repose la question. Klouse prononce un seul mot : « transport ». C’est tout ce que Sullivan a besoin d’entendre. Le garçon voyage avec un poumon perforé depuis au moins trois jours, peut-être plus.

Sullivan appelle un assistant et ordonne le transfert immédiat à l’infirmerie du camp. Les gardes reçoivent l’ordre de se déplacer avec précaution : pas de bousculades, pas de mouvements brusques. Klouse est placé sur une civière et transporté à travers le camp sous le regard d’autres prisonniers de guerre, cachés derrière la clôture. Certains reconnaissent son expression.

Ils l’ont déjà vu dans les hôpitaux de campagne, dans les trains de transport, dans les instants qui précèdent l’agonie. Mais Klouse respire encore, difficilement, mais il respire. La question est : pourquoi ? Et la réponse, lorsqu’elle viendra, choquera tout le monde dans cet hôpital. Nous sommes à l’intérieur de l’hôpital du camp, un ancien baraquement transformé en hôpital de campagne, avec dix lits, du matériel chirurgical de base et une petite équipe de médecins et d’infirmiers militaires.

Klaus est installé sur un lit au fond de la salle, et le capitaine Sullivan entreprend un examen complet. La perforation du poumon est le problème le plus évident, mais Sullivan a appris à ne pas s’arrêter aux apparences. Il prend le pouls de Klaus. Il est rapide, à plus de 100 pulsations par minute, mais faible. Il vérifie sa tension artérielle. Elle est basse, dangereusement basse pour quelqu’un d’encore conscient. Il prend sa température.

Normal. Pas d’infection, du moins pas encore. Sullivan vérifie ensuite son poids. Le garçon mesure 1,75 m et pèse 51 kg. C’est alors que le choc commence à s’installer. Sullivan a déjà vu la famine, mais jamais à ce point. Klouse ne ressemble pas aux prisonniers de guerre squelettiques des photos de libération des camps de concentration qui referont surface des mois plus tard.

Il a encore un peu de masse musculaire, et un peu de graisse sous-cutanée. Mais les chiffres sont implacables. Pour sa taille et son âge, Klaus devrait peser au moins 68 kg. Il lui manque 17 kg de masse corporelle. Et il ne s’agit pas seulement de graisse. C’est aussi une question de muscles, de densité osseuse et de fonctionnement des organes. Sullivan soulève à nouveau le t-shirt de Klaus et remarque quelque chose qui lui avait échappé lors de l’examen initial.

Il a des cicatrices, des dizaines, de fines lignes blanches qui sillonnent ses côtes, ses épaules et le bas de son dos. Certaines sont anciennes, peut-être d’un an ou plus. D’autres sont récentes, encore roses et en train de cicatriser. Sullivan demande ce qui s’est passé. Klouse ne répond pas. Sullivan demande à l’interprète de les rejoindre. L’interprète est un caporal germano-américain qui travaille avec les prisonniers de guerre depuis l’ouverture du camp.

Il s’assoit près de Klouse et parle lentement, avec précaution, dans un dialecte du nord de l’Allemagne. Klouse écoute, puis répond d’une voix si basse que l’interprète doit se pencher pour l’entendre. L’interprète traduit : « Ces cicatrices sont dues à des coups, pas à des combats, pas à la capture, mais au transport. » Klouse a été détenu dans un camp de rétention provisoire en France pendant deux mois avant d’être transféré aux États-Unis.

Le camp était surpeuplé, sous-approvisionné et contrôlé par des gardes qui traitaient les prisonniers de guerre comme du bétail. La nourriture était distribuée de façon irrégulière, la discipline brutale, et lorsque Klouse tenta de demander des soins médicaux après avoir reçu un coup à la poitrine lors d’une séance de punition, on lui ordonna de se taire et de continuer à avancer. C’est alors que sa côte se fractura.

C’est à ce moment-là que le poumon s’est perforé et que Klaus a compris que survivre signifiait se taire. Sullivan note tout, mais il sait que le tableau est incomplet. La perforation pulmonaire et la malnutrition sont graves, mais elles ne sont que les symptômes d’un problème plus profond. Il prescrit des analyses de sang, une radiographie du thorax et un bilan physique complet.

L’appareil à rayons X du camp est rudimentaire, un appareil portable servant principalement aux fractures, mais il suffit. Une fois l’image développée, Sullivan la tient à la lumière et voit exactement ce qu’il redoutait : le poumon droit est affaissé d’environ 30 %. Du liquide est présent dans la cavité thoracique, probablement un mélange de sang et d’air, une affection appelée hémopathorax.

Sans traitement, la pression continuera d’augmenter jusqu’à l’affaissement complet du poumon et la mort par asphyxie interne de Klouse. Sullivan dispose d’environ 48 heures pour le stabiliser avant que cela n’arrive, peut-être moins. Nous sommes toujours à l’infirmerie du camp et le capitaine Sullivan se prépare à une intervention qu’il n’a pratiquée que deux fois auparavant dans sa carrière.

Il doit drainer le liquide et l’air de la cage thoracique de Klaus sans endommager davantage son poumon. L’intervention, appelée thoracique, exige précision, une grande stabilité et un patient capable de garder son calme sous pression. Klaus ne possède aucune de ces qualités. Il est terrifié. Sullivan lui explique la procédure, en faisant traduire chaque étape par l’interprète.

Klouse hoche la tête, mais ses yeux restent grands ouverts, rivés sur l’aiguille que Sullivan prépare. Longue et creuse, elle est conçue pour perforer la cage thoracique et atteindre l’espace pleural entourant le poumon. Si Sullivan pique trop profondément, il risque de perforer à nouveau le poumon. S’il ne pique pas assez profondément, il n’atteindra pas le liquide. Il n’a pas droit à l’erreur.

Sullivan place Klouse sur le côté, repère le point d’entrée entre la cinquième et la sixième côte, et injecte un anesthésique local. Klouse tressaille, mais ne se dégage pas. Sullivan attend 30 secondes que l’anesthésie fasse effet, puis insère l’aiguille. Dès qu’elle traverse la membrane pleurale, le liquide commence à s’écouler.

Du sang rouge foncé mêlé à un liquide clair s’écoule dans un flacon de recueil placé au chevet du lit. Sullivan observe le flacon se remplir, surveillant attentivement la pression. Un drainage trop important et trop rapide risque de provoquer une réexpansion brutale du poumon et d’aggraver la déchirure. Un drainage insuffisant, au contraire, maintient la pression. Sullivan draine 120 ml, puis s’arrête.

Il retire l’aiguille, panse la plaie et ordonne à Klouse de rester allongé sur le dos pendant les six prochaines heures. Interdiction de bouger, de parler ou de se redresser. Klouse obéit. Pendant les deux jours suivants, Sullivan surveille la respiration de Klaus toutes les quatre heures. Le poumon commence à se réexpanser lentement, douloureusement, mais régulièrement. Klouse reçoit de l’oxygène par une sonde nasale, une perfusion intraveineuse pour stabiliser sa tension artérielle et une alimentation liquide pour ne pas surcharger son système digestif.

La malnutrition a fragilisé la muqueuse de son estomac, et les aliments solides pourraient provoquer des crampes ou des vomissements susceptibles de comprimer le poumon en cours de cicatrisation. Sullivan prescrit également des analyses de sang pour rechercher une anémie, des carences vitaminiques et des signes de faiblesse organique. Les résultats arrivent deux jours plus tard et confirment ce que Sullivan soupçonnait déjà.

Klouse souffre d’une anémie sévère, son taux de globules rouges étant inférieur de 30 % à la normale. Il présente des carences en vitamines B et C, ce qui explique la lenteur de la cicatrisation et la faiblesse musculaire. Son activité hépatique est légèrement élevée, signe que son organisme puise son énergie dans ses propres tissus musculaires.

Klouse souffre de la faim depuis des mois et son corps, pour survivre, se consume lui-même. Sullivan remet un rapport complet au commandant du camp, recommandant une surveillance médicale prolongée, un plan de réalimentation contrôlée et une enquête officielle sur les conditions de détention dans le camp français où Klouse était incarcéré.

Le rapport est déposé, mais aucune enquête n’est ouverte. Des milliers de prisonniers de guerre transitent par ce système, et Klouse n’est qu’un parmi tant d’autres. Le système n’est pas conçu pour s’arrêter pour un seul garçon, mais le capitaine Sullivan ne l’oublie pas. Il continue de surveiller Klouse personnellement, vérifiant son état chaque matin avant sa ronde.

Et lentement, en l’espace de trois semaines, Klouse commence à se rétablir. Son poumon retrouve 85 % de sa capacité. Il pèse 56 kg. Ses cicatrices s’estompent. Et pour la première fois depuis sa capture, Klouse commence à croire qu’il pourrait survivre à la guerre. Dites-nous dans les commentaires d’où vous regardez cette vidéo. Êtes-vous aux États-Unis, en Allemagne, au Royaume-Uni ou ailleurs ? Nous aimerions savoir qui fait vivre ces histoires.

Car la suite du rétablissement de Klaus mettra à l’épreuve tout ce que le capitaine Sullivan a appris sur les traumatismes, la résilience et les limites du corps humain. Trois semaines se sont écoulées depuis le début de sa convalescence, et l’équipe médicale de l’hôpital du camp est confrontée à un nouveau défi. Le poumon de Klaus guérit, mais son corps reste dangereusement faible.

L’anémie, les carences vitaminiques et la fonte musculaire ne se résorbent pas du jour au lendemain. Elles nécessitent une réalimentation progressive et contrôlée, qui équilibre l’apport calorique et la capacité de l’organisme à assimiler les nutriments. Si Klouse mange trop et trop vite, son système digestif risque de se bloquer. S’il mange trop peu, son corps continuera de puiser son énergie dans ses muscles.

Le capitaine Sullivan élabore un plan de réalimentation selon les protocoles appris durant son internat, mais ses ressources sont limitées. L’hôpital du camp ne dispose ni de nutrition parentérale, ni d’injections vitaminiques, ni de compléments alimentaires spécifiques. Sullivan doit improviser. Il commence par de petits repas fréquents, du bouillon de poulet dilué, de la purée de pommes de terre, du pain frais et des fruits en conserve.

Chaque repas contient 200 calories et Klaus est nourri six fois par jour. L’objectif est d’augmenter progressivement son apport calorique de 1 200 à 2 500 calories par jour sur une période de quatre semaines. Sullivan surveille le poids, la tension artérielle et la digestion de Klaus après chaque repas.

La première semaine, tout se passe bien. Klouse mange sans se plaindre, prend un kilo et ne présente aucun signe de nausées ou de crampes. Mais la deuxième semaine, quelque chose change. Klouse cesse de manger, non pas parce qu’il est rassasié, ni parce qu’il a la nausée. Il cesse parce qu’il est terrifié à l’idée de ce qui arrivera s’il prend trop de poids trop vite.

Sullivan comprend que le traumatisme subi par Klaus dans le camp de détention français a créé une barrière psychologique. Klaus a appris à associer la nourriture à la punition, à la pénurie et au contrôle. Dans le camp, les prisonniers de guerre qui paraissaient en trop bonne santé étaient souvent affectés aux travaux forcés ou punis pour avoir stocké des rations.

Klouse a survécu en restant invisible, en restant suffisamment faible pour ne pas attirer l’attention. Désormais en sécurité à l’hôpital du camp américain, Klouse fonctionne toujours selon cette même logique de survie. Il craint que s’il devient plus fort, quelqu’un ne lui prenne sa force. Sullivan reste assis avec Klaus pendant une heure, utilisant l’interprète pour lui expliquer que les règles ont changé.

Ici, manger n’est pas une punition. Il n’y a pas de corvée. Le seul objectif est la guérison. Klaus obéit, mais il lui faut encore trois jours avant de recommencer à manger. À la fin de la quatrième semaine, Klaus pèse 59,5 kg. Son taux de globules rouges a atteint 75 % de la normale. Sa fonction pulmonaire est à 90 %. Il peut marcher sans aide, se tenir debout sans vertiges et respirer sans douleur.

Le capitaine Sullivan signe les papiers de démobilisation et Klouse est transféré parmi les prisonniers de guerre. Il passera le reste de la guerre à travailler dans une ferme du camp, à cultiver la terre, à entretenir le matériel et à apprendre l’anglais auprès des autres prisonniers. Il ne retournera jamais au combat. Il ne reverra jamais le camp de détention français.

Et il n’oubliera jamais le médecin qui lui a sauvé la vie en refusant de le laisser disparaître. Si cette histoire vous plaît et que vous souhaitez découvrir d’autres témoignages inédits de prisonniers de guerre de la Seconde Guerre mondiale, abonnez-vous à la chaîne. Nous vous proposons des récits que la plupart des livres d’histoire n’ont jamais abordés, car l’histoire de Klaus ne s’arrête pas à sa sortie de l’hôpital.

La suite révélera le prix caché de la survie et les choix que les prisonniers de guerre ont dû faire pour rester en vie. Nous nous trouvons actuellement dans le camp principal de prisonniers de guerre du Missouri, où plus de 2 000 prisonniers allemands vivent dans des baraquements en bois, affectés à des tâches spécifiques et attendant la fin de la guerre.

Klaus est affecté à la baraque 14, un long bâtiment rectangulaire de 20 couchettes, équipé d’un poêle à bois et de fenêtres laissant passer l’air froid en hiver. Les hommes de la baraque 14 forment un groupe hétéroclite : des soldats de la Vermach, des équipages de la Luftwafa et quelques marins capturés dans l’Atlantique. Certains sont au camp depuis plus d’un an.

D’autres sont arrivés quelques semaines avant Klouse. Ils connaissent tous la routine. Réveil à 6 h. Appel à 6 h 30. Petit-déjeuner à 7 h. Travail de 8 h à midi. Déjeuner à 12 h 30. Travail de 13 h à 17 h. Dîner à 18 h. Temps libre jusqu’à l’extinction des feux à 21 h. La routine est prévisible, rassurante et ennuyeuse. Pour Klouse, c’est le paradis.

Il travaille aux travaux agricoles, une corvée qui consiste à planter des légumes, réparer les clôtures et nourrir le bétail. Le travail est physique mais supportable, et les gardiens sont beaucoup plus détendus que ceux que Klouse a rencontrés en France. Il n’y a ni cris, ni coups, ni punitions arbitraires.

Les prisonniers de guerre reçoivent trois repas par jour, ont accès à la bibliothèque du camp et sont autorisés à organiser des activités récréatives comme des matchs de football et des concerts. Klouse ne participe pas aux matchs de football. Son poumon est encore en convalescence et il fait attention à ne pas trop se dépenser. Mais il va à la bibliothèque. Il emprunte des livres d’histoire américaine, de grammaire anglaise et d’agriculture.

Il lit lentement, s’aidant d’un dictionnaire allemand-anglais pour traduire les mots inconnus. Et peu à peu, au fil de trois mois, Klouse commence à reconstruire non seulement son corps, mais aussi son identité. Cependant, le camp n’est pas exempt de tensions. Des factions se forment parmi les prisonniers de guerre, divisées par le grade, l’idéologie et la loyauté envers le régime nazi.

Certains prisonniers de guerre sont des partisans intransigeants, qui croient encore à la victoire allemande, malgré les informations faisant état des avancées alliées qui parviennent au camp grâce à des journaux clandestins et aux bulletins de la Croix-Rouge. D’autres sont pragmatiques : des hommes qui ont rejoint la Vermacht par obligation et qui souhaitent désormais simplement survivre assez longtemps pour rentrer chez eux. Enfin, un petit groupe, dont Klouse, est composé d’hommes discrètement antinazis qui n’ont jamais adhéré à l’idéologie et qui considèrent la guerre comme une catastrophe qui n’aurait jamais dû avoir lieu.

Les factions ne s’affrontent pas souvent ouvertement, mais des tensions existent. Une bagarre éclate au réfectoire à propos d’un morceau de pain volé. Un prisonnier de guerre est accusé de collaboration avec les Américains et ostracisé par ses camarades de baraquement. Klouse reste à l’écart de ces conflits. Il a appris que la survie passe par l’invisibilité et il applique cette leçon ici comme il l’avait fait en France.

Mais Klaus ne peut rester invisible indéfiniment. En avril 1945, le camp apprend la capitulation de l’Allemagne. La guerre en Europe est terminée. Les prisonniers se rassemblent dans la cour principale pour entendre l’annonce et les réactions sont mitigées. Certains pleurent, d’autres applaudissent. Quelques-uns restent silencieux, réalisant que tout ce pour quoi ils se sont battus s’est effondré.

Klaus éprouve un soulagement. Non pas parce que l’Allemagne a perdu, mais parce que les massacres ont cessé. Il n’aura plus à retourner au front. Il n’aura plus à voir mourir d’autres hommes. Il n’aura plus à subir un autre transport, un autre camp de détention, un autre passage à tabac. Pour Klaus, la fin de la guerre signifie la fin de la peur.

Mais cela soulève aussi une nouvelle question : que va-t-il se passer ensuite ? Nous sommes toujours au camp du Missouri et la guerre est peut-être terminée, mais les chiffres révèlent une réalité que la plupart des gens ne comprendront que dans plusieurs décennies. Plus de 378 000 prisonniers de guerre allemands ont été détenus aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient logés dans plus de 500 camps répartis dans 46 États.

Les camps allaient de petits groupes de travail comptant moins de 50 hommes à d’immenses complexes abritant plus de 10 000 prisonniers de guerre. Le taux de mortalité des prisonniers de guerre allemands détenus par les Américains était inférieur à 1 %, l’un des plus bas du conflit. En revanche, les prisonniers de guerre allemands détenus par les Soviétiques affichaient des taux de mortalité pouvant atteindre 35 %.

La différence ne tenait pas seulement à l’idéologie. Elle concernait la logistique, les ressources et la décision de l’armée américaine de traiter les prisonniers de guerre conformément à la Convention de Genève. Mais les chiffres ne disent pas tout. Ils ne tiennent pas compte d’hommes comme Klouse, arrivés dans les camps américains déjà traumatisés par ce qu’ils avaient vécu avant de traverser l’Atlantique.

Ils ne mesurent pas le traumatisme psychologique, la faim durant le transport, les coups dans les centres de détention surpeuplés d’Europe. Les chiffres disent que Klaus a survécu. Ils ne disent pas ce qu’il a payé pour survivre. Et ils n’expliquent pas pourquoi. Même après la guérison de son poumon et le retour à un poids normal, Klaus se réveillait encore en pleine nuit, en sueur et à bout de souffle, persuadé d’être de retour dans ce train, de retour dans ce camp de détention français, de retour à ce moment où sa côte s’est fracturée, son poumon perforé, et où il a compris que personne ne pouvait le sauver.

Il venait lui porter secours. Le capitaine Sullivan rédige un rapport final sur le cas de Klaus en mai 1945, résumant les interventions médicales, le calendrier de sa convalescence et le pronostic à long terme. Il note que Klaus est physiquement stable mais psychologiquement fragile, et recommande une surveillance continue après son rapatriement.

Le rapport est classé dans les archives médicales du camp, et Sullivan passe au cas suivant. Il soignera des centaines d’autres prisonniers de guerre avant la fermeture du camp en 1946. Mais il n’oubliera jamais Klouse, car Klouse représente quelque chose que les chiffres ne peuvent saisir : le prix de la survie, le poids du traumatisme et la résilience silencieuse d’un garçon qui a refusé de mourir, même lorsque son corps a été livré.

Nous sommes en été 1946, plus d’un an après la fin de la guerre. Le rapatriement des prisonniers de guerre allemands vers l’Europe a commencé, mais il est lent, complexe et chaotique. L’Allemagne est divisée en zones d’occupation contrôlées par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Union soviétique.

Les prisonniers de guerre doivent être soumis à un examen de leur dossier afin de déterminer s’ils ont commis des crimes de guerre, classés selon leur appartenance politique et affectés à des zones de rapatriement en fonction de leur lieu de capture et de leur lieu de résidence avant la guerre. Klouse est examiné par ce système en juin 1946. Il est innocenté de tout crime de guerre, classé comme non-combattant à faible risque et affecté à la zone américaine dans le sud de l’Allemagne.

Il sera rapatrié par bateau, comme à son arrivée. Klouse embarque sur un navire de transport dans le port de New York par une chaude matinée de juillet. Le navire est bondé : plus de 2 000 prisonniers de guerre allemands sont ramenés d’outre-Atlantique. Les conditions sont meilleures que sur le navire qui l’a amené en Amérique. Il y a des couchettes, des repas réguliers et du personnel médical à bord.

Mais Klouse sent toujours la peur monter en lui tandis que le navire quitte le quai. Il n’a pas peur de se noyer. Il n’a pas peur du mal de mer. Il a peur de ce qu’il trouvera en rentrant chez lui. Sa famille vivait à Hambourg, une ville bombardée à maintes reprises pendant la guerre. Il est sans nouvelles d’eux depuis plus de deux ans.

Il ignore si sa mère est encore en vie. Il ignore si sa jeune sœur a survécu aux bombardements. Il ignore si sa maison existe toujours. Le navire arrive à Bremerhav, en Allemagne, trois semaines plus tard. Klouse et les autres prisonniers de guerre sont pris en charge dans un camp de rapatriement, reçoivent des papiers d’identité temporaires et sont libérés.

Klaus prend le train pour Hambourg et traverse un paysage qui ne ressemble plus du tout au pays qu’il a quitté. Les villes sont en ruines. Les routes sont criblées de cratères. Les réfugiés sont partout. Des familles déplacées cherchent des proches, de la nourriture, un abri. Klaus marche dans les rues de Hambourg, passant devant des immeubles bombardés, des abris de fortune et des enfants qui mendient.

Il retrouve son ancien quartier, mais sa maison a disparu. Pas endommagée, disparue. Tout le pâté de maisons a été rasé par les bombardements. Klouse se tient au milieu des décombres, fixant l’espace vide où se dressait autrefois la maison de son enfance, et pour la première fois depuis sa capture, il pleure. Il finit par retrouver sa mère et sa sœur dans un camp de personnes déplacées à la périphérie de Hambourg.

Ils ont survécu aux bombardements en se réfugiant à la campagne et sont retournés à Hambourg après la fin de la guerre. Ils pensaient que Klouse était mort. La dernière lettre qu’ils ont reçue de lui datait de 1943, avant sa capture. Ils ignoraient tout de sa captivité. Ils ignoraient tout de son envoi en Amérique. Ils ignoraient tout de sa survie.

Klaus leur raconte l’histoire, mais il omet la plupart des détails. Il ne leur parle pas du poumon perforé. Il ne leur parle pas de la faim, des coups, du transport. Il leur dit qu’il a été capturé, détenu dans un camp et bien traité. C’est tout ce qu’ils ont besoin de savoir, car Klaus a appris que certaines histoires sont trop lourdes à porter pour être partagées.

Certaines histoires sont faites pour être racontées seules. Nous sommes dans l’Allemagne d’après-guerre et Klouse tente de se reconstruire une vie dans un pays qui n’est plus tel qu’il l’a connu. L’économie est dévastée. La nourriture est rationnée. Le travail est rare. Klouse trouve un emploi de manœuvre, déblayant les décombres des bâtiments bombardés et participant à la reconstruction des infrastructures.

Le travail est dur, mais honnête et lui donne un but. Il vit avec sa mère et sa sœur dans un petit appartement fourni par les autorités d’occupation britanniques. Il ne parle pas de la guerre. Il ne parle pas du camp. Il ne parle pas du capitaine Sullivan, ni de son poumon perforé, ni des nuits passées sur un lit d’hôpital, persuadé qu’il allait mourir.

Il travaille, mange, dort et tente d’oublier. Mais le traumatisme ne l’oublie pas. Klouse est en proie à des cauchemars, des flash-backs et des crises de panique qui le laissent à bout de souffle au milieu de la nuit. Il évite les foules, les bruits forts et les espaces clos. Il ne peut prendre le train sans sentir la peur l’envahir.

Il ne peut consulter un médecin sans se souvenir de l’aiguille, du drain, de la douleur. On lui diagnostique ce que les médecins de l’époque appellent une névrose traumatique, une affection que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de syndrome de stress post-traumatique. Il n’existe aucun traitement efficace. En 1946, on conseille à Klaus de se reposer, d’éviter le stress et d’attendre que ça passe.

Il fait tout, mais les symptômes persistent. Ils s’intègrent à son quotidien, un bruit de fond constant avec lequel il apprend à vivre. Klouse ne retrouve jamais la pleine santé. Son poumon guérit, mais le tissu cicatriciel réduit sa capacité respiratoire de 15 %. Il ne peut pas courir sans être essoufflé. Il ne peut pas soulever d’objets lourds sans ressentir de douleur à la poitrine.

Il est reconnu invalide partiel par le gouvernement allemand, ce qui lui donne droit à une modeste pension d’invalidité. Insuffisante pour vivre, elle lui apporte néanmoins un soutien précieux. Pendant les quarante années suivantes, Klouse continue de travailler à la reconstruction de Hambourg, fonde une famille et mène une vie paisible, sans histoire.

Mais Klouse connaît la vérité. Il a survécu alors qu’il aurait dû mourir. Il a vécu alors que des milliers d’autres n’ont pas eu cette chance. Et chaque respiration lui rappelle le médecin qui a refusé de le laisser mourir. L’aiguille qui a drainé le liquide de sa poitrine et l’instant où la survie a cessé d’être un espoir pour devenir une réalité.

Klouse meurt en 1992 à l’âge de 66 ans. Sa nécrologie dans le journal de Hambourg tient en trois phrases. Elle ne mentionne ni la guerre, ni le camp, ni le poumon perforé. Elle dit simplement qu’il était ouvrier, mari, père et survivant.

Note : Certains contenus ont été créés à l’aide de l’IA (IA et ChatGPT) puis retravaillés par l’auteur afin de mieux refléter le contexte et les illustrations historiques. Je vous souhaite un passionnant voyage de découverte !

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